Ce matin là, comme tout les matins de départ, c'est le demi-stress. Pourquoi demi ? Simplement parce que me concernant, je suis (presque) toujours prêt (merci les scouts) et du coup, ça va tout seul, mais c'est toujours le doute pour nous quand on dit "vous inquiétez pas, on vous pousse jusqu'au départ du bus" parce que attendre sur les locaux, c'est pas toujours évident, surtout quand on ne sait pas l'heure de départ du bus.
C'est ce qui c'est passé pour le départ des 4'000 îles. "Oui oui, tout est ok, venez à 8 h demain et on vous amène au bus !" Résultat, on est parti à 8h30, ne sacahtn pas si il fallait s'en inquiéter ou non.
Comme vous l'imaginez, avec notre bonne étoile (qui doit être au moins aussi grosse que l'étoile du berger, vu comment tout se passe bien) tout c'est bien passé. Jusqu'à l'epique mascarade que nous avons vécue à la frontière lao-cambodgienne.
Après cet épisode, il me sera désormais impossible de dire qu'il n'y a pas de corruption en Asie. Pour un visa de 20 dollars on a encore payé 10 dollars de plus réparti entre : tampon de sortie du côté laotien (1$), prise de température (du côté cambodgien à partir de là) avec un petit laser (2$), pose du visa dans la passeport (3$), premier tampon dans le visa (2$), tampon d'entrée dans le passeport à l'immigration (2$).
Et voilà un méthode bien rôdée pour plumer un maximum de portemonnaies sur pattes ( nous, les touristes).
Bon ceci dit, cela a été relativement rapide... sauf qu'après, le chauffeur du bus pour la suite du voyage nous a bien fait attendre, histoire qu'on consomme au moins une boisson fraîche dans les petites échoppes frontalières aux prix plus qu'exhorbitants. Ils profitent évidemment du fait que nous ne possédons pas de monnaie cambodgienne pour mettre les prix en dollars, ce qui les avantage nettement (pour ce qui est d'arrondir au dollar supérieur, ils sont forts).
Avant de continuer mon récit sur la Cambodge, je voudrais faire un petit paragraphe spécial sur le Laos et mon expérience là-bas.
Notre passage dans ce pays fut assez bref, 15 jours, mais le fait de le traverser du nord au sud nous a donné, je pense, une assez bonne idée de la culture et des gens. Bien sûr, ce n'est qu'un aperçu, il me faudrait bien plus de temps pour vraiment apprécier les habitants et ce ne sont que des paysages globaux que j'ai vu. Ils necessiteraient une attention particulière pour se révéler vraiment à moi. Mais j'ai fait le pari de faire cela comme ça, de manière assez brève. Et pour ça, j'ai pris tout ce que ce pays a bien pu m'offrire et je m'en contente, jusqu'à ce que j'y revienne un jour, peut-être.
Ce que je retiendrai du Laos ce sont ces enfants nous souriant toujours, ces marchands qui attendent toujours qu'on vienne vers eux pour nous parler, l'ouverture des moines et leur plaisir à nous parler de leur vie, et, enfin, ces paysages qui ont défilés, à pied, en moto ou en bus... partout la même beauté spontanée de la nature ou celle modifiée par les cultures... On aura finalement pas compté le nombre de fois qu'on à dit: "Wow !", peut être que cela aurait été encore plus parlant.
Voilà mon plaidoyé pour le Laos, force tranquille de l'Asie du sud-est qui devient malheureusement en certains endroits un point de rencontre d'un nombre croissant d'abrutis attirés par l'alcool et la musique. On pourra me répondre que de cette manière ils sont concentrés dans une partie du pays et épargnent le reste mais je n'en suis pas convaincu... Si je pouvais formuler un conseil d'avenir aux dirigeants de ce pays (et à tous ceux qui émergent grâce/à cause du tourisme), cela serait la même phrase que sur les bouteilles de Tekila : "A prendre avec modération!", même si je suis conscient qu'il s'agit d'une source d'argent qui ne tarira jamais (tant que les Etats-Unis et l'Europe existent, en gros) les déviences sont trop faciles et leurs répercussions souvent irréversibles. Alors gare ! Ne vous inquiétez pas, je sais que je suis un doux rêveur, mais au moins ma conscience est tranquille, je l'ai écrit ! :-)
La suit du voyage c'est bien passée, on a vraiment regretté d'avoir du rejoindre si vite PhnomPenh et mettre de côté toutes ces rives du Mékong. Mais le but véritable de cet empressement, c'est le visa pour Myanmar. On y va bientôt et on doit savoir comment ça se passe pour l'obtenir au plus vite. Les délais dont on nous parlé sont trop longs pour nous alors il fait qu'on en ait le coeur net.
Le bus nous pose en bord de route à quelques kilomètres de PhnomPenh. Arrive la séquence de parlementation avec les chauffeurs de Tuk-Tuk pour le prix qu'ils nous font pour rejoindre notre GuestHouse. Celui que l'on choisit se propose de nous faire visiter la ville le lendemain, alors comme il nous fait un prix plus bas que les autres on dit : " Banco ! On te suit l'ami !"
La TatGuesthouse possède les attraits principaux du backpacker moyen : eau potable à volonter, Internet et wi-fi, situation un peu excentrée, mais pas trop !
Le lendemain, après avoir rejoint notre chauffeur d'un jour et constaté, à l'embassade du Myanmar, que cela prenait trop de temps de la faire ici, on a prié notre conducteur de nous rendre à Cheung Ek. C'est là qu'ont été découverts plusieurs charniers (killing fields en anglais) après la chute du joug des khmers rouges.
Je ne vais pas en dire plus sur cette partie de l'histoire cambodgienne, accessible a tout-un-chacun ne serait-ce que sur Wikipedia.
En tout cas, ça vous calme, une telle atrocité entre des gens d'un même pays sans différence de couleurs ou d'ethnies, pratiquement un tiers de la population y est passée, ce qui fait environ 3 millions de victimes.
Cette vision portée par Pol Pot est ce que j'ai eu de plus difficile à supporter dans ma vie pour le moment, et on ne s'en rend compte que sur place... personellement, cela m'a coupé la faim pour la journée. Quand on vous dit que les khmers rouges évitaient d'utiliser des balles de revolver (chères) et se servaient de bâtons, machettes, hachettes, houes et tout ce qui pouvait s'utiliser pour tuer, ça glace le sang. Le plus dur fut cet arbres contre lequel les nouveaux étaient frappés, tête la première...Bouhhh, je ne veux plus y penser, ce me donne des vertiges... Car pour couronner le tout, on a enchaîné avec l'ancienne prison S-21, transformée en musée. Là, les détenus étaient torturés pour qu'ils avouent de prétendues accusations et puissent être achevés en toute légitimité. La prisoon était auparavant une école...
Horribel retour dans le passé que cette journée, mais on comprend mieux maintenant le pays et les habitants. Rappelons que les khmers rouges ont été deboutés par les vietnamiens en 1979 ! Il y a tout juste 33 ans ! Autant dire que c'est tout récent...
Après ces heures éprouvantes moralement, on s'est posé le long du Mékong pour prendre des photos et penser à autre chose, mais c'était dur. On est vite revenu à notre guesthouse, faisant un crochet par un très bon resto où le curry rouge m'a redonné quelques couleurs.
Les deux jour à qui ont suivis ont été plus légers en termes d'émotions ! Durant le premier on a suivi quelques conseils du Lonely Planet, en visitant le palais royal et sa majestueuse pagode d'argent et son énorme salle du trône ! Ces deux bâtiments sont des oeuvres d'arts à l'état pur ! On y a fait la rencontre de Victor, un français qui vient de la Russie en train, bus et bateau ! En voilà un qui fera un voyage un peu plus ecolo que moi...
Désormais à trois, on se risque dans un énorme supermarché d'au moins 6 étages dans le centre et on a vu pas mal de choses marrantes de ans le supermarché : les 500gr de beurres à 9.90$, ou un emballage n'ayant que la tête du saumon, et enfin des assortiments de legumes. Chez nous c'est pour faire des Pot-au-feux ici c'est pour des... euh, c'était écrit en khmer, mais ça avait l'air bien louche !
J'ai acheté des écouteurs Beat (des copies, hein) pour 20$ au lieu de 200$ chez nous. La belle affaire ! Même si, à en croire Fabien, le son n'est pas terrible, ils me sont bien pratique pour la musique que j'écoute sur ma tablette.
Le lendemain, dernier jour dans cette ville, on va faire du shopping dans le Russian Market. Il tien son nom des russes qui venaient y faire leurs courses il y a une dizaine d'année je crois. Je vais pas dire les cadeaux de Noël que j'ai acheté, mais en tout cas on a mangé une excellente assiette de nouilles. La cuisinière les a préparés devant nous, et on voyait qu'elle avait l'habitude ! Un exemple d'efficience et d'efficacité : on en avait plus qu'assez et cela n'a pris que 3 minutes à préparer ! Et pour une somme très modique: 1,25$ !
De retour à l'hôtel on se prépare pour le voyage et on retrouve une nouvelle fois Justine et son amie, comme quoi le hasard existe bien, parce que des guesthouse, y'en a à PhnomPenh !
La surprise du lendemain vient de la tenanciere de l'hôtel qui nous dit avant notre départ qu'elle a réservé pour nous à la Victory Guesthouse... Évidemment, on avait rien demandé, mais au moins on sait où aller quand on arrive à SiemReap !
Les 6 heures de voyage entre les deux villes nous a permis de mieux cerner les goûts de la population cambodgienne. Sur un télévision écran plat, on a vu défiler des clips de karaoké, mettant toujours en scène un ou plusieurs garçons avec une ou plusieurs filles qu'il aime et qu'il veur séduire... Je vous laisse imaginer l'état. Mon cerveau après deux heures de genre de programme ! Placés dans les 5 premiers rangs, il nous était impossible d'y échapper !
Ensuite, on a eu droit à un show comique dans la langue nationale (on a rien compris, mais les locaux avaient l'air de bien se poiler) et à un film sur des soldats en école de recrue, qui devait dater des années 90. Sacré programme, on en tremble encore...
La surprise du matin se materialisa d'une agréable façon. Un tuktuk est venu nous chercher, nous a transporté gratuitement jusqu'à l'hôtel, moyennant du travail pour le lendemain. On a pu faire notre itinéraire avec lui, selon nos envies et ses conseils. Au final, on a pas moins de 10 temples à visiter ! On se réjouit du lendemain en le quittant, même si notre rdv est à 5h00 pour aller voir le lever de soleil sur Angkor Vat, le plus imposant temple du Parc d'Angkor.
Je recommande fortement le Victory Guesthouse, où le pineapple shake de bienvenue à fait tout son effet ! Le personnel est sympathique, quoique facilement débordé. Les tarifs abordables (6$ la chambre double avec 2 lits) et la nourriture correcte.
Je vous épargne les détails des jours qui ont suivi. Un peu dire ce qu'on veut sur le Parc d'Angkor, il s'agit, selon moi, de quelque chose à voir dans sa vie, comme avoir eu une Rolex ou une Swatch.
Le majestueux AngkorVat vous surprend tout de suite par son imposante stature et la finesse des enluminures qu'on découvre sur ses murs. C'est un génie d'architecture ! Et l'atmosphère est vraiment particulière si on arrive à faire abstraction des touristes. Imaginer la vie dans ces temples vous transporte bien loin des réalités touristiques actuelles et c'est ce qui m'a plu !
D'autres structures comme le Bayon sont plus énigmatiques, tous ces visagspes qui vous regardent sont mystiques. Je n'ai pas réussi à trouver d'explications sur ces visages souriants, mais ils sont bien impressionnants, ce sont les deux temples qui m'ont le plus marqué, sans oublier le PraThom, où a été tourné une partie du Film Lara Croft : Tomb Rider. Comment décrire cet enchevêtrement de racines et de pierre ? Ici, la forêt a repris ses droits et les conservateurs ont eu la bonne idée de la garder en place. Ici aussi, on se sent comme dans un paradis perdu, sait si vous vous trouvez devant/derriere un groupe de 20-30 japonais/chinois. À Genève je les trouve rigolos, ici je les trouve bruyants et impolis ! Peut être qu'eux me trouvent trop grand... Bien fait !
Les autres temples ont tous plus ou moins de charme, et ils s'eparpillent sur une surface impossible à couvrire en trois jours, durée de notre séjour à Angkor. On a fait une sélection le premier jour en Tuk-Tuk, sur les temples les plus lointains puis les deux jours suivant à vélo. Le deuxième jour a été consacré aux temples les plus classiques mais les plus magnifiques aussi ! Le troisième jour, c'était un peu du chacun pour soi, histoire de retourner aux endroits qui nous avaient plu et découvrir quelques temples supplémentaires.
Le bilan de ces trois jours est clair : Un formidable voyage dans le temps qui me restera longtemps dans la tête !
On a regretté quelques fois de faire partie de cette masse, trop nombreuse, de touristes qui affluent de partout, surtout quand on voit que l'on est des centaines à prendre les même photos ! Fabien et moi partageons cette réaction, lorsque l'on voit tous ces appareils braqués sur un même sujet, de vouloir poser le notre avec dégoût...
Enfin, j'ai mis quelques photos tout de même, j'espère qu'elle vous plairons.
Le temps passe décidément trop vite dans ce voyage et il est encore l'heure de la transhumance, cette fois vers Bangkok.
C'est peu de dire que ce voyage fut épique...Les détails dans quelques jours ! :-)
Merci Etienne de nous faire si bien partager tes émotions. Chaque dimanche matin, je lis tes aventures avec passion(j'ai envie d'aller au Laos;-))Tu as beaucoup de fan entre autres mon frère Gerard qui aime ton style d'écriture, il a le sentiment de faire le voyage avec toi.. Allez, continue de nous faire rêver. Eva compte les jours. Gros bisous.
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